Réalité augmentée

Total Immersion, sensations augmentées ! Le mode d’emploi du futur, le bricolage facile même pour un nerd.

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Voici un extrait de l’ouvrage Futur 2.O sur la réalité augmentée :

« Longtemps j’ai cru que la Terre était plate. Je l’éprouvais tous les jours, en posant les pieds sur le sol. Puis il y eut ce jour étrange où l’on m’a dit que le monde était rond, comme une orange bleue. Il fallait me rendre à l’évidence : le monde serait donc rond et plat à la fois, et la réalité recelait de nombreuses dimensions que mes sens, pourtant si fiables pour ma vie quotidienne, ne me permettaient pas encore de percevoir. C’est dès l’enfance que l’humain découvre et expérimente qu’il est possible d’étendre sa perception, ses actions ou la manipulation à distance du monde : d’une baguette il fait un sabre pour chasser les monstres, d’un sèche-cheveux il fait un marteau. Avec le langage, merveilleux moyen naturel, il peut faire agir les autres à son profit : ramasser un nounours jeté par terre, donner un bonbon, être porté sur des épaules lorsqu’il est fatigué.

La réalité augmentée définit un mélange entre le réel et le virtuel, elle consiste à superposer des objets de synthèse dans un décor réel, de la manière la plus réaliste possible, pour percevoir la réalité de manière plus précise et plus efficace. Nous pouvons ainsi améliorer nos capacités de perception et d’action en dotant notre environnement de propriétés artificielles d’intelligence et d’interaction. Actuellement, les domaines de prédilection de la réalité augmentée sont la téléopération et les manipulations en milieux hostiles, ou encore la médecine par superposition des données d’imagerie. Le médecin peut ainsi visualiser dans un même espace ses actions et leurs conséquences sur et dans le corps du patient.

La réalité peut être augmentée via :

  • L’utilisateur : il est équipé d’un dispositif lui permettant d’obtenir des informations sur les objets qui l’entourent ou sur son environnement. Un équipement sur le corps permet d’ajouter des informations visuelles, tactiles ou sonores à ce que l’utilisateur voit, entend ou touche. Des dispositifs vestimentaires peuvent ainsi informer la personne sur elle-même, sur la position de son corps, dont il n’a pas conscience, pour le protéger de faux mouvements ou de mauvaises postures et lui éviter des maux de dos.
  • L’objet : des dispositifs lui ajoutent des capacités de traitement de l’information sur son environnement ou, inversement, donnent à l’environnement des informations sur l’objet et communiquent avec les humains au travers d’interfaces métamorphiques et communicantes.
  • L’environnement : un lieu est équipé de dispositifs permettant d’augmenter sa capacité d’interaction avec l’humain, par exemple pour guider un pompier dans un environnement hostile en lui proposant des services de guidage ou d’alerte, associés ou non à un robot ou à un drône. Ici, ce ne sont pas seulement les cailloux du Petit Poucet qui sont interactifs et communicants : les plantes et les animaux pourront le cas échéant l’aider à trouver son chemin, ou des ressources nécessaires à sa survie et à son activité.

Dans les vingt prochaines années, la réalité augmentée, associée à l’intelligence artificielle et aux nanotechnologies, sera étendue à tout notre environnement via l’intelligence ambiante et les matériaux interactifs. Le monde numérique, pour l’instant si froid et abstrait, sera bientôt tangible et manipulable. Il s’incarnera dans et par les objets du quotidien, dans nos maisons, nos voitures, nos espaces de travail ou de loisir. L’éprouver sera porteur de sensations et de sens.

Une technologie “chaude”
Entrer dans un magasin deviendra une expérience créative de sensations et d’émotions. Des systèmes d’analyse comportementale, de générations dynamiques de variations d’effets visuels, sonores ou tactiles nous procureront des sensations inédites. Cette expérience sera libre, guidée ou décidée par des systèmes d’analyses de nos envies… Peut-être même à l’insu de notre plein gré. Les étudiants pourront découvrir les concepts les plus ardus de la physique ou de la biologie en touchant et manipulant directement des équations ou des données dans des environnement numériques. Sans doute, de tels objets et environnements intelligents, inducteurs de perception et d’expériences enrichies, trouveront aussi de nombreuses applications thérapeutiques pour les handicapés et les personnes âgées dépendantes. La réalité augmentée étendue à nos espaces et à nos temps de vie participera à la qualité de vie de chacun. Elle ne sera plus seulement une technique de traitement ou d’incrustation d’image ou de sons artificiels dans notre monde bien réel.

Elle s’étendra à nos lieux de travail, mais aussi de vie. Ainsi, la maison de demain pourrait se métamorphoser selon les saisons, changer de couleur au gré des jours et des nuits. La porte se ferait discrète et disparaitrait dans le mur une fois fermée. Au réveil, le miroir dispenserait des conseils pratiques, il montrerait comment se maquiller ou soigner ce vilain bouton sur le nez. Dans la cuisine, un système d’aide au geste technique intégré dans les accessoires de cuisine permettrait de cuisiner comme un chef.

Nous organisons notre environnement de vie avec nos outils, nos artefacts, nos rites et nos habitudes culturelles qui, en retour, nous structurent. Il en sera de même dans vingt ans, même si la technologie augmente nos capacités de perception, d’action et aussi d’émotions, et pourvoit de capacités d’interaction et d’intelligence nouvelles notre environnement et nos objets quotidiens. Je ne sais pas vraiment ce que sera le monde dans vingt ans, celui de nos enfants devenus adultes. Si aujourd’hui la technologie est froide, l’enjeu des années à venir est de les réchauffer de la chaleur humaine, celle qui donne sens à la vie. C’est seulement à cette condition qu’elle constituera une extension du domaine de la vie. Par la raison nous savons aujourd’hui que la Terre est ronde. Mais sans émotions et sans imagination notre monde reste plat.

Didier Fass

Didier Fass est professeur associé à l’ICN École de management, et chercheur au Loria, Inria Lorraine. Il dirige le projet Artem de recherche pluridisciplinaire “L’homme augmenté”.

Futur 2.0 est un ouvrage de vulgarisation abordable et richement illustré où chercheurs, philosophes, sociologues et artistes racontent concrètement les enjeux technologiques, socioculturels, économiques et écologiques de notre avenir.

via : internetactu

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